IMG_0208A l’instar de beaucoup de cités religieuses du pays, on retrouve à Médina Gounass un endroit symbolique qui attire des pèlerins en route pour le « daaka ». A Médina Gounass, le figuier d’El Hadji Mouhamadou Saïd Bâ constitue un des points de ralliement des fidèles, en dehors du « daaka ».

Le figuier, « ceekeewi » en pulaar, de Médina Gounass fait partie des sites les plus visités par les fidèles durant la période du « daaka ». Il constitue le symbole de la cité religieuse. C’est sous ce grand arbre qu’El Hadji Mouhamadou Saïd Bâ s’est installé à la fondation de Médina Gounass, alors qu’il venait de Médina El Hadji dans le département de Vélingara. Après avoir quitté le Fouta, le guide religieux se rendit à Médina El Hadji auprès de Seydi Aly Thiam. Avant sa disparition, il informa ses disciples qu’il va transférer ses pouvoirs mystiques à El Hadj Mouhamadou Saïd Bâ et les invita à le suivre après son décès. Auparavant, précise Amadou Samba Lô, animateur à la radio « Bamtaaré » de Vélingara, « Seydi Aly Thiam l’avait-il averti en ces termes : s’ils (fidèles) refusent de vous suivre, allez fonder un village à l’Est de Médina El Hadji ».

Après le décès de Seydi Aly Thiam, les trois quarts de ses fidèles ont fait leur acte d’allégeance à El Hadji Mouhamadou Saïd Bâ, ajoute Abdoulaye Mballo, journaliste à la Rts. Mais deux mois après décès, des dissidences ont été notées dans les rangs, poursuit-il. El Hadji Mouhamadou Saïd Bâ décida ainsi de quitter Médina El Hadji.

Parti en éclaireur, selon M. Mballo, El Hadji Mouhamadou Saïd Bâ se rendit à Pata, Fanfakourou, Kandia, Vélingara, Bassé (Gambie), Fatoto (Gambie). C’est à partir de Fatoto qu’il est allé dans le canton de Temento. « Le chef de canton, Yéro Djeynaba Sabaly, l’accueillit et manifesta toute son estime à l’endroit du marabout. Il disait qu’il était prêt à lui céder son titre pour qu’il reste dans son terroir. Le chef de canton n’ignorait donc pas qu’il était un érudit », poursuit Amadou Samba Lô. Le chef du canton l’a ainsi mis en rapport avec le chasseur Samba Bâ, un grand connaisseur de la forêt du canton de cantoro, pour l’accompagner à chercher de la « terre promise ».

Arrivé sous un grand figuier à Médina Gounass, El Hadji Mouhamadou Saïd Bâ faisait savoir au chasseur et à ses compagnons, au nombre de sept, que c’est à cet endroit qu’il veut s’installer. Ainsi, ils commencèrent à défricher la forêt. Toutefois, relève Amadou Samba Lô, le guide religieux et ses disciples avaient trouvé sur place un éleveur du nom de Thierno Coumba Boiro. El Hadji Mouhamadou Saïd Bâ est allé lui rendre visite pour lui présenter ses compliments, dit-il. « L’éleveur lui disait que l’endroit était le sien. Quelques temps plus tard, Thierno Coumba Boiro quitta Médina Gounass pour s’installer ailleurs », fait remarquer l’animateur. Il y a foré un puits. Au moment du défrichage, souligne-t-il, « les disciples allaient puiser de l’eau à Temento, à cinq kilomètres de Médina Gounass ».

Lieu de recueillement

C’est dans ces circonstances que le guide religieux s’est installé à Médina Gounass. C’est la même année que son fils et premier khalife Thierno Amadou Tidiane Bâ est né à Kolda. A en croire Abdoulaye Mballo, 104 familles décidèrent alors de le suivre El Hadj Mouhamadou Saïd Bâ. Les Peuls de la Guinée-Bissau avaient, eux aussi, sollicité au khalife de venir cohabiter avec lui à Médina Gounass. C’est ainsi que 120 chefs de villages quittèrent la Guinée-Bissau pour venir s’installer au centre de Médina Gounass.

Aujourd’hui, beaucoup de fidèles, sur la route du « daaka » font un tour sous ce figuier pour faire leur ziarra. Une mosquée a été même érigée sur le lieu ainsi qu’une maison par un mécène de la cité religieuse. Des fidèles prennent des feuilles d’arbre pour en faire des infusions. La pèlerine Adjaratou Bâ fait partie des fidèles qu’on a trouvés sur le lieu. Selon elle, le figuier